De la matrice numérique à l'œuvre finie

Mon œuvre est le fruit d'une exigence absolue, une méthode où l'ingénierie numérique vient se confronter à la aspect organique de la matière.

L'écran constitue le premier espace de création. Avant le moindre coup de crayon, j'investis une grande partie à du temps à la construction de l'image, mêlant recherche iconographique, hybridation et photomontage. Ce socle numérique strict forme une base numérique, une composition poussée à son point de rupture, que l'exécution manuelle précise et la compréhension de la source lumineuse viendront ensuite transcender.

Outils de dessin utilisés pour un portrait hyperréaliste en noir et blanc : pierre noire, craie blanche Conté et gant de dessin
Gros plan sur l’œil d’un portrait inspiré de Salvador Dalí, travail surréaliste en noir et blanc sur fond rouge avec texture organique

Médiums et matérialité

Le passage au support physique s'opère exclusivement avec des matériaux de qualité archive (papier d'art sans acide, fixatifs anti-UV) garantissant une pérennité absolue. Le dessin se construit couche par couche, de l'ombre à la lumière. Je sculpte chaque zone grâce à l'exigence des techniques sèches, poudres de graphite premium, crayons du 6H au 12B, fusains rigoureusement sélectionnés, pierre noire, pierre blanche, sanguine et crayons de couleur haut de gamme.

L'ingénierie virtuelle construit la matrice, mais c'est la brutalité organique de la matière qui vient l'incarner et la faire vibrer.

L'art de l'hyper-contraste

Mon langage visuel repose sur une gestion radicale des noirs très profonds et des blancs purs. Ce clair-obscur dramatique neutralise la distraction chromatique pour magnifier les textures les plus complexes : peaux burinées, fourrures denses, reflets métalliques ou transparence des tissus rendus avec une précision microscopique.

Pour mes travaux expérimentaux en cours, je procède par strates successives où des collages de presse écrite forment l'ossature de la toile, liés par des voiles d'acrylique, puis recouverts de graphite. L'intégration de dispositifs réactifs à la lumière noire permet aussi d'offrir une double lecture entre discours visible et réalités dissimulées.